PAYSAGES IMAGINAIRES (1992 - 1993) - BALTASAR

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PAYSAGES IMAGINAIRES (1992 - 1993)

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Il est possible de bien peindre en n'allant jamais dans aucune exposition d'art contemporain et en ne lisant que l'Equipe; il est seulement plus difficile d'avoir l'air sérieux, mais c'est tout. Ce n'est donc pas très grave: on vit même beaucoup mieux, surtout depuis que le sérieux est devenu une attitude plate et légèrement ennuyeuse. Comme la naïveté, le dédain est une qualité qui s'apprend. Cela demande beaucoup d'efforts et une réelle prédisposition. Il faut savoir ce que l'on ne veut pas.
Baltasar — dont le nom est Dürrbach — peint depuis l'enfance. Pour s'amuser, il m'a montré certaines des gouaches qu'il a faites à l'âge de six ou sept ans et que l'on croirait peintes par un adulte exceptionnellement doué. Il fréquentait avec assiduité les ateliers de peintres que l'on peut facilement considérer comme les plus grands. Il leur disait ne pas aimer ce qu'ils lui montraient. Devant une sincérité aussi pré­coce, je suppose qu'ils étaient un peu inquiets. A la même époque, il arpentait les musées et aimait les tableaux «fauves», ceux qui avaient précédé le cubisme. Aujourd'hui, à trente ans, il est presque étonné que ce goût lui soit si fortement revenu. De toute évidence, ce qui l'intéresse est la couleur, une couleur vive et impatiente, prête à brutaliser le dessin pour parvenir à son harmonie.
Si l'on veut une définition, disons que c'est là que se trouve sa modernité: il peint librement des tableaux qui se tiennent librement au-dessus de l'art contemporain. Ils n'en sont pas moins actuels. La preuve est que l'on peut lui trouver des grands-parents. Certains de ses tableaux récents semblent s'apparenter aux Kirchner de la période de Davos, d'autres aux Kokoschka de Londres. Peut-être ne connaît-il pas ces peintures, d'ailleurs invisibles en France. Dans ce cas, ce n'est sans doute qu'une parenté d'esprit, de cet esprit qui manquait justement.


Fabrice Hergott


 Paysages Imaginaires
 Pour qui, pourquoi tous ces paysages?
«Arche», «Rivière rouge», «Jour de vent»...
 Y vois-tu ami, passant d'une heure
 Sagement ému, une lutte sans heurt?
 Artiste, que dis-tu? Baltasar,
 Glouton de cette foi de fauve vêtue,
 Enfant déjà jouait avec les couleurs
 Sous le soleil de Cavalaire et des Baux.

 Image de la terre des hommes, spectateur regarde ce
«Moulin à eau», ou encore ces
«Agriates» à côté des «Tumultes»
 Gagnent encore l'éternel arc en ciel
 Irréel et pourtant si dense...
 Ne pense plus, ne parle pas
 Ami recueille toi devant ces toiles
 Images éphémères et déjà tiennes
 Recueilli que tu es dans un même et bel
 Elan, pour mieux te consacrer à ta
 Solitude.


Xavier de La Baume

Autoportrait, 1992, Huile sur toile, 46 x 38 cm
 
 
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